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The Age of Addiction - How bad habbits became big business

à lire : The Age of Addiction, How Bad Habits Became Big Business

L’Age des Addictions, comment les mauvaises habitudes deviennent un gros business

Dans les années 70’s l’addiction était associée essentiellement à la consommation compulsive d’alcool ou de drogues. Mais depuis, les causes d’addictions se sont multipliées. Le principal vecteur sont les médias, à commencer par Internet et ses réseaux sociaux. En juin 2011, dans le cadre d’un 5 à 7 du conseil  Thierry Le Fur nous alertait déjà sur l’addiction au numérique avec son livre Pouce : mieux vivre avec le numérique. Aujourd’hui nous sommes 99,9% à être plus ou moins accro à nos smartphones ; et bon nombre de personnes n’existent plus sans leur smartphones.

Le mot NOMOPHOBIE a été inventé au cours d’une étude menée en février 2008 par la UK Post Office qui accrédita YouGov, une organisation de recherche basée au Royaume-Uni, pour observer les angoisses subies par les utilisateurs de téléphones mobiles. Le terme est un mot-valise construit par contraction de l’expression anglaise « no mobile-phone phobia » et désigne alors la peur excessive d’être séparé de son téléphone mobile.

Le comité du Dictionnaire en ligne de Cambridge a élu le mot “nomophobie” comme le mot de l’année 2018 (source : Nomophobie : on vous dit tout sur l’addiction au smartphone)

David Courtwright, un enseignant-chercheur américain vient de publier le livre « The Age of Addiction » pour attirer notre attention sur le fait que ces addictions sont le fruits de grandes entreprises qui lobotomisent l’humanité, que ce soit par la mal-bouffe, les jeux vidéos, les médicaments, Internet avec ces médias et réseaux sociaux dont le top 5 sont Facebook, YouTube, WhatsApp/Messenger, WeChat et Instagram (source : Statista, janvier 2019).

Addiction pernicieuse : le e-commerce

Une des addictions la plus pernicieuse est le e-commerce. Nombreux sont ceux qui ne vivent plus que pour « con-sommer » (mais ne sommes-nous pas une majorité à être des acteurs-pignons de cette machine infernale ?). Ce phénomène de l’achat-compulsif a commencé, bien avant Internet , avec le catalogue de la Redoute qui devait avoir déjà sa moulinette big-data pour identifier ses addicts de la consommation. Et les émissions de téléshopping s’y prennent à merveille, depuis 30 ans, pour attirer les Madame-Michu-acheteuse-compulsive, telle la mouche qui ne peut plus se dégager la toile d’araignée.

Avec l’explosion du commerce en ligne, la société humaine est devenue une société de consommation addictive. Il y en a bien quelques-uns qui font de la résistance – l’anticonsumérisme – mais ce sont des cas particuliers.

Les services gratuits Internet on les paie avec notre « temps de cerveau disponible »

Et toute cette « consomachine » est motorisée par les réseaux sociaux qui ont dépassé en revenu, en France, les médias traditionnels.(lire : Les chaînes de télévision appellent à un grand chamboulement publicitaire) . Mais la presse (papier et en ligne) et la télévision de Papa ne sont pas en reste. Patrick Le Lay avait eu le mérite d’être clair et franc il y exactement 15 ans : « Ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible » (L’Expansion – L’Express, 9 juillet 2004).

Avant encore, notre Jean Yanne sarcastique (journaliste de formation) avait parodié la naissance de la société de consommation dans le film Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil.

The Age of ADDICTION - How bad habits became big businessLes GAFAM nous lobotomisent à l’insu de notre plein gré

Toutes ces entreprises sont en majorité américaines (les chinoises ne nous atteignent pas encore pour cause de différenciateurs culturels importants). Et dans la culture anglo-américaine la pensée est comportementaliste (ou cognitive), alors que chez les latins (Europe du sud) nous sommes à tendance psychanalytique (Freudien). Mais rien n’y fait, la machine marketingo-cognitive des Facebook, Google et Amazon lobotomise inexorablement la majorité des terriens, toutes obédiences confondues.

4e de couverture The Age of Addiction, How Bad Habits Became Big Business

Un expert de l’addiction, nous raconte – avec provocation - comment des entreprises mondiales sophistiquées ont ciblé les centres des « plaisirs du cerveau humain », nous conduisant à des addictions allant de l’oxycodone, aux big Mac, aux jeux vidéo type Assassin’s Creed, aux réseaux sociaux types Facebook, Instagram, Snapchat et autre Twitter, avec des conséquences sociales alarmantes.

Nous vivons à une époque de dépendance, du jeu compulsif aux achats en passant par les crises de boulimie et l’abus d’opioïdes. Les chercheurs nous disent que le sucre peut créer autant d’habitude que la cocaïne, et les applications des médias sociaux captent l’attention de nos enfants. Mais que pouvons-nous faire pour résister aux tentations qui reconditionnent délibérément nos cerveaux ? Rien, nous dit David Courtwright, sauf si nous comprenons la démarche des entreprises mondiales qui créent et entretiennent nos mauvaises habitudes.

The Age of Addiction raconte le triomphe de ce que David Courtwright appelle « le capitalisme limbique », le réseau croissant d'entreprises concurrentielles ciblant les voies du cerveau responsables du sentiment, de la motivation et de la mémoire à long terme. Nous constatons son succès dans les analgésiques de Purdue Pharma, dans les hamburgers conçus par McDonald’s et dans les jeux vidéo Tencent en provenance de Chine. Tous capitalisent sur l'ancienne quête pour découvrir, cultiver et raffiner des plaisirs nouveaux et habituels. Le business des « désirs à satisfaire » a pris un aspect encore plus sinistre avec la montée en puissance du commerce à longue distance, de l’esclavage dans les plantations, des villes anonymes, des grandes entreprises et d’un marketing sophistiqué. Les industries multinationales, souvent avec l'aide de gouvernements complices et d'organisations criminelles, ont multiplié et dévalorisé les formes séduisantes de « récompenses du cerveau », allant de la malbouffe à la pornographie. Internet a créé de nouvelles dépendances : en 2018, l'Organisation mondiale de la Santé a ajouté « trouble du jeu » à sa Classification internationale des maladies.

David Courtwright laisse espérer que « le capitalisme limbique » pourra être contenu par une opposition organisée de tout le spectre sociétal. Les progressistes, nationalistes et traditionalistes se sont unis dans le passé contre les pourvoyeurs de dépendance. Ils pourraient le faire à nouveau.

David Courtwright est spécialiste de l’histoire des drogues. Il est aussi l’auteur de différentes publications sur la violence, l’histoire politique, l’aviation et les territoires frontaliers. Il a enseigné la médecine, l’histoire des États-Unis et l’histoire mondiale. Il est professeur émérite à la présidence du Département d’histoire de l’Université de Floride du Nord.

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éditions Belknap Press, publié le 6 mai 2019 – 336 pages – prix 25,- €

ISBN 9780674737372

2 commentaires : “à lire : The Age of Addiction, How Bad Habits Became Big Business”

  1. Dominique Hebert

    12 juillet 2019

    En effet, le constat est alarmant.
    Je pars en vacances avec smartphone et ordinateur portable et je sais déjà que je ne serai pas totalement déconnecté. J’ai prévu d’être un tiers en télétravail et deux tiers en vacances.
    Cette impression d’être indispensable et que les projets
    ne peuvent pas rester un mois sans personne à veiller à sur eux.
    Par contre, je suis content d’avoir totalement désactivé les notification de facebook, ce qui fait que je n’y vait qu’une ou deux fois par semaine, mais à chaque fois, je me fais piéger et j’y passe facilement une heure (et souvent, je bascule sur Youtube et c’est la même histoire avec les suggestions).

  2. Jean-Philippe Déranlot

    12 juillet 2019

    @Dominique Hebert – je suis allé 3 semaines en mai dernier à Madagascar, dont une semaine avec un accès Internet de 18H00 à 20H00 à la vitesse d’un coupleur acoustique « 75/1200 » des années 80. Du coup j’ai pleinement profité de mes vacances et la terre ne s’est pas arrêtée de tourner !

    Et vous comprendrez pourquoi, via ces quelques photos, que je n’ai pas eu de mal à me déconnecter… mais toujours avec l’iPhone dans la poche (en mode avion) pour faire des photos et vidéos personnelles.

    Je vous souhaite d’avoir d’aussi bonnes raisons de vous déconnecter 😉

    Pour vous convaincre de lâcher prise, et éviter de gonfler les rangs des NOMOPHOBES, lisez cet article Vacances déconnectées : comment bien s’y préparer

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